
À partir de ce jour, les envois se renouvelèrent régulièrement.
Parfois un fin billet parfumé accompagnait l’envoi: «Bon courage!… On sait tout!… La personne vous est reconnaissante de votre discrétion…» etc.
Blaireau mangeait les victuailles, buvait le vin, fumait les cigares, lisait les billets parfumés, murmurant: «Quelle est donc cette femme?» et ne comprenait pas.
Entre-temps, il jardinait, entretenait les fusils de M. Bluette (grand chasseur devant l’Éternel), soignait les chiens, fabriquait ces mille engins subtils qui servent à la vénerie ou à la pêche, tels que pièges, filets, bertavelles, nasses, rissoles, vredelles, tonnelles, bouquetouts, gluaux, éperviers, panneaux, sennes, drèges, pousaux, pantières, contre-bougres, libourets, gangueils, etc., une foule, pour nous résumer d’objets dont l’ingénieuse construction révélait en lui un Aviceptologue (homme fort renseigné sur l’art de prendre les oiseaux de toutes sortes.) remarquable doublé d’un malin Thérenticographe (personnage qui, sans avoir écrit un traité sur l’art de la chasse (thérentique), n’en ignore pas moins nul de ses secrets.) et d’un Ichthyomancien (individu qui prétend avoir la divination de l’avenir basée sur certains manèges des poissons.) de tout premier ordre.
Quelquefois, M. Bluette le priait d’aller lui pêcher quelques goujons ou autres dans la petite rivière qui coule au bas du jardin directorial.
