– Oh! l’honneur de Blaireau, vous savez! je lui donnerai quelques pièces de cent sous, à cet homme, il aimera mieux cela.


– Pas de faiblesse, Fléchard! Dénoncez-vous avec cet héroïsme qui vous va si bien et qui me plaît si fort en vous!


– N’aurai-je pas l’air de poser? de vouloir – passez-moi l’expression – épater la galerie?


– Non, Fléchard, vous aurez l’air de faire votre devoir et vous sortirez grandi de cette épreuve, surtout à mes yeux.


Décidément, il n’y avait plus à caner! Tout de même, c’était une drôle d’idée de vouloir le faire aller en prison… Mais, bah, on en sort, de prison! Et puis après, ah délices!


– Mademoiselle Arabella, vous venez de me convaincre!


– À la bonne heure, Fléchard! Je vais prier ces messieurs de venir et vous leur répéterez ce que vous venez de me dire.


– Que je vous aime?


– Non, cela ne les regarde pas, mais que c’est vous le vrai coupable et que Blaireau est innocent.


Fléchard eut une dernière hésitation:


– Si on remettait cette petite cérémonie à plus tard?


– Oh! mon ami!…


– C’est bien, mademoiselle, veuillez prévenir ces messieurs.


«Je suis prêt au sacrifice.


– Bravo! Fléchard!… Et prenez une belle attitude!

CHAPITRE X

Dans lequel Fléchard déchire publiquement le hideux voile du malentendu.

Arabella ne fut pas longtemps absente. Bientôt elle revenait accompagnée de quelques gentlemen que ses airs mystérieux semblaient fort intriguer.


Il y avait dans le groupe M. de Chaville, le baron de Hautpertuis, maître Guilloche, M. Lerechigneux, président du tribunal, et, visiblement inquiet, le maire, M. Dubenoît.

M. de Chaville prit la parole:


– Qu’y a-t-il, Fléchard, vous nous faites demander?



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