
— Qu’ont donné vos recherches ?
White reconnut :
— Rien. D’abord on a cru à une histoire de fille. Peu probable. Il n’aurait pas laissé tout derrière lui. La plus belle affaire de soie à Bangkok.
— J’ai lancé des informateurs qui m’ont ramené à prix d’or les informations les plus fantaisistes. Par exemple que Jim était en mission secrète pour moi, en Malaisie.
— Mais enfin, coupa Malko, vous ne travaillez pas la main dans la main avec le S.R. thaï ?
Le colonel White leva les yeux au ciel :
— On voit bien que vous débarquez ! Les Thaïs ! D’abord, ils nous supportent tout juste. Ils trouvent que les B-52 de Sa-Taip, c’est un peu trop voyant. J’ai l’impression qu’ils donnent des gages de l’autre côté. Ils ne savent jamais rien. Pour Jim, c’est pareil.
— Vous avez entendu parler du Service de sécurité extérieure et intérieure de la rue Plœnchitr ? Ils passent leur vie à me faire mille tracasseries. Et ils ont tort. Parce que j’ai l’impression qu’ils vont fichtrement en avoir besoin de mes bonshommes. Le mois dernier, il y a eu une centaine de chefs de villages liquidés par les communistes, dans le Nord-Est. Et ça ne fait que commencer. Il y a des maquis partout en Thaïlande. La province de Buri-Ram est complètement pourrie. Ça, c’est nouveau. Et maintenant, le Sud s’y met. Là-bas, la jungle est si épaisse que si vous étendez la main devant, vous ne la voyez plus ou vous vous la faites bouffer par des bestioles.
— Vous avez vu, à Bangkok, les buildings qu’on monte partout ; c’est le vrai boom. Mais tout cela est superficiel. Tout est basé sur le dollar. Si nous fichons le camp, tout s’écroule…
Essoufflé, le colonel se tut un instant et Malko en profita pour enchaîner :
— Mais enfin, vous avez bien une idée sur l’histoire Stanford ?
White souffla la fumée de sa Khong-tip et avoua :
