— Présentez-moi toujours votre secrétaire, colonel, fit-il avec lassitude. Elle me dira au moins où je peux manger sans m’empoisonner.

Flèche de Parthe qui atteignit le colonel plié en deux par de nouveaux élancements. Il pressa un bouton sur son bureau et, quelques instants plus tard, on frappa à la porte.

— Vous verrez, c’est une fille charmante, prévint White. Et surtout ne la vexez pas, elle est très occidentalisée, elle a fait ses études à UCLA

La porte s’ouvrit. Sur une apparition délicieuse. La secrétaire du colonel White était assez grande pour une Thaï, plus d’un mètre soixante et vêtue avec une extrême élégance. Un chemisier de soie sauvage orange, au buste très ajusté avec une jupe-sarong s’arrêtant dix centimètres au-dessus des genoux et moulant des fesses rondes et cambrées. Elle avait des mains très longues pour sa taille, terminées par d’interminables ongles argentés. Elle ne devait pas souvent taper à la machine. Et à son annulaire gauche scintillait une pierre qui, si elle était vraie, valait cent mille dollars. Un bouchon de carafe. Le visage très clair était lisse comme un galet, avec une certaine froideur hautaine. Rien des petits visages sensuels bien en chair des Thaïs. Seule la bouche charnue pouvait laisser deviner ce qui se cachait derrière cette eau dormante.

Malko, qui n’était pas spécialement attiré par les femelles trop épanouies, fut immédiatement conquis.

Gracieusement, la jeune Thaï s’inclina, les mains jointes à plat à la hauteur du visage, avec un sourire imperceptible. Mais ses yeux étaient restés graves.

— Tippy, fit White, je vous présente le prince Malko. Il travaille pour nous. À rechercher Jim Stanford. J’ai pensé que vous pourriez l’aider… Ce sera plus amusant pour vous que de taper à la machine.



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