De l’autre côté on retrouvait la même suite de collines couvertes de jungle.

Un gros soleil rouge descendait déjà du côté de la Birmanie. Une petite rizière s’était casée entre la rivière et les collines, faisant une tache verte. Le paysage était fantastiquement beau et sauvage.

Au loin apparut la silhouette métallique d’un pont. Le fameux pont sur la rivière Kwaï.

Thépin ralentit.

— Que faisait donc Jim Stanford dans ce coin ? demanda Malko.

— Il venait assez souvent par ici, expliqua la jeune fille. Se promener dans les cimetières. C’est par ici qu’on a retrouvé sa voiture, je ne sais pas où exactement.

— Aux cimetières ?

Thépin expliqua à Malko l’histoire des cimetières de la rivière Kwaï. D’ailleurs, ils arrivaient à l’entrée du premier, situé sur la terre ferme, à droite de la route. Thépin arrêta la Mercedes, baissa sa jupe et attendit.

— Allons visiter ce cimetière, demanda Malko.

Ils descendirent et poussèrent une barrière de bois. Le cimetière était immense et entretenu avec des allées bien tracées, des bouquets de fleurs tropicales sauvages un peu partout.

Trois minutes après leur entrée un bonhomme surgit derrière eux, un vieux Thaï ratatiné, qui leur tendit franchement la main, les prenant pour des touristes.

Pendant que Thépin bavardait avec lui, Malko arpentait en silence les allées. C’était assez poignant de voir ces dalles toutes semblables, avec des noms européens, au fond de cette jungle.

Tout cela était si loin.

— Sait-il quelque chose ? demanda-t-il.

Mais le gardien ne savait rien. Il ne connaissait pas Jim Stanford, n’avait pas entendu parler de sa disparition, n’avait jamais rien vu de suspect dans son cimetière. Thépin s’en débarrassa avec un billet de vingt bahts. Malko était de plus en plus déçu.

— Nous retournons à Bangkok ? demanda la jeune fille, appuyée à la voiture. Ou vous avez envie de prendre un bain dans la rivière Kwaï ?



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