La fraîcheur de la chambre parut délicieuse à Malko après les trente-cinq degrés de l’extérieur. Pensant à la dysenterie du colonel White, il s’abstint de boire l’eau glacée qui l’attendait dans une thermos et s’endormit immédiatement. Avec pourtant une pensée pour Thépin. Que se cachait-il derrière son visage froid et lisse ?

CHAPITRE IV

La Mercedes quitta Sukhumvit Road, large avenue filant vers l’est de Bangkok pour entrer à gauche dans un chemin étroit bordé d’un côté par un khlong marécageux au-delà duquel on apercevait d’élégantes villas, et de l’autre par de misérables maisons de bois.

Brusquement, on se serait cru en pleine campagne. À part un immense dépôt des autobus blancs qui sillonnaient Bangkok, incongru entre deux parcs soigneusement entretenus, la route n’était pas goudronnée et le véhicule soulevait une épaisse poussière.

Un petit pont en bois coupait le khlong. La Mercedes s’engagea dessus, dans un grand brinquebalement de planches et stoppa sur une placette ronde. Il y régnait un calme surprenant après le tumulte de Sukhumvit Road, pourtant à moins de deux cents mètres à vol d’oiseau.

Thépin Radjburi arrêta son moteur et montra à Malko une grille, juste en face d’eux.

— Voici la maison de Jim Stanford, dit-elle. La grille, là. Sonnez et entrez. Je vous attendrai ici.

Malko la regarda, un peu surpris.

— Pourquoi ne venez-vous pas avec moi ? La jeune Thaï sourit :

— Je pense que Sirima Stanford sera plus à l’aise pour vous parler en tête à tête.

— Mais où allez-vous attendre ? fit Malko.

Bien entendu, il n’y avait aucun bistrot en vue. Rien que de somptueuses résidences closes de barrières de verdure.



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