Le soleil tapait déjà très fort. Thépin eut un sourire espiègle et montra une sorte d’enclos, un peu comme un jardin de banlieue, ombragé de frangipaniers.

— Je serai là, à l’ombre, dit-elle. Venez m’y chercher.

Elle claqua la portière de la Mercedes, poussa la barrière en bois et s’enfonça dans un petit sentier, disparaissant aux yeux de Malko, après un signe joyeux de la main.

Il traversa la place et ouvrit la grille de la maison de Jim Stanford, et crut que Thépin lui avait fait une blague. Il avait devant lui un temple, ou plutôt plusieurs temples disposés autour d’un espace central. Les tuiles vertes et oranges du toit brillaient sous le soleil et les solives se recourbaient gracieusement en arabesques compliquées à chaque extrémité de la charpente comme pour les temples. L’ensemble dégageait une impression extraordinaire de beauté.

Il traversa la pelouse, aussi impeccable qu’un gazon du Oxfordshire, et découvrit en s’approchant que tous les bâtiments étaient en bois sombre, très certainement du teck.

Il monta les trois marches de marbre du perron, franchit la véranda et s’arrêta devant une porte ouverte. Pas de sonnette en vue. Personne. Comme une maison abandonnée.

Il pénétra dans le hall. Le sol était en marbre blanc et noir, avec des colonnades de bois torsadé soutenant le plafond. Au fond, un large escalier de bois donnait sur une galerie au premier étage. Dans la pénombre, Malko distingua la même galerie au second étage. Une odeur de santal flottait sans que l’on puisse distinguer son origine.

Soudain Malko sentit une présence derrière lui. Il se retourna brusquement pour se trouver nez à nez avec une Thaï en sarong long, pieds nus, avec un chignon compliqué.

— Mrs Stanford, demanda Malko.

La domestique sourit sans répondre. Par geste, elle fit comprendre à Malko de la suivre.



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