— Est-ce en mon honneur ?

Une lueur de gaieté passa dans les yeux de son hôtesse :

— Pao est avec moi depuis quinze ans. Elle sert encore à l’ancienne mode. Hélas ! les Américains ont gâché les domestiques.

Amusant. La Sécurité sociale devait être considérée comme une entreprise hautement subversive.

Sirima Stanford prit son verre et Malko l’imita. Malko réfléchissait en laissant la boisson glacée glisser sur son palais. Il avait l’impression que cette femme ne lui disait pas tout ce qu’elle savait.

— Avez-vous une idée des gens qui ont enlevé ou tué votre mari ?

— Aucune !

C’était parti comme un coup de fusil. Malko tâcha de la pousser dans ses derniers retranchements.

— Il a mené une vie dangereuse, il s’est fait des ennemis. C’est peut-être une vengeance ?

— Je pensais que les ennemis de Jim étaient tous morts, dit d’une voix douce Mme Stanford. Et il menait depuis des années une vie paisible. Vraiment, je ne vois pas.

Quelque chose dans l’attitude de Sirima Stanford troublait Malko. Bien sûr, il y avait la fameuse impassibilité orientale, mais quand même. Par moments, il sentait que son hôtesse était mal à l’aise. Comme si elle avait souhaité qu’il ne fût pas venu. Pourtant, il était l’ami de Jim, il était là pour l’aider.

Pendant qu’il était plongé dans ses réflexions, un énorme perroquet blanc et rose surgit dans la pièce, voleta autour de Malko et se pencha sur le canapé de Mme Stanford.

— Voilà Jimmy. Le meilleur ami de Jim. Tous les soirs il allait au-devant de lui dans le jardin. Depuis qu’il a disparu, il ne mange presque plus. J’ai peur qu’il ne meure.



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