Le trottoir inégal requit toute l’attention de Malko. Il se trouvait devant l’hôtel Siam International, en forme de pagode tourmentée, avec juste en face l’énorme cinéma Rex.

On y jouait un film indien doublé en thaï, mais il faillit y entrer rien que pour avoir un peu de fraîcheur. Quand il eut brusquement une idée. Le temps de héler un taxi et, dix secondes plus tard, il roulait vers Suriwong Road.


* * *

Le magasin de Jim Stanford était petit mais très luxueux. En retrait du trottoir, il occupait un immeuble à un étage. Partout des rouleaux de soie, des femmes élégantes, pour la plupart étrangères. Malko demanda à une vendeuse thaï où se trouvait la direction et se fit conduire au premier étage, par l’arrière-boutique.

Une jeune fille blonde était assise derrière une table de verre. Un visage agréable avec de grosses lèvres et des yeux bleus rieurs. Malko se présenta comme un employé du consulat enquêtant sur la disparition d’un ressortissant américain et expliqua le but de sa visite. Aussitôt, le visage de la fille se crispa :

— C’est terrible, murmura-t-elle, nous l’aimions tous tellement. Que lui est-il arrivé ?

— C’est justement ce que j’aimerais savoir, fit Malko. Il commença à poser quelques questions. Très vite, son interlocutrice se mit à bavarder sans retenue. Elle était arrivée de Nouvelle-Zélande six mois auparavant.

— Y a-t-il d’autres personnes qui travaillent ici en dehors de celles qui sont en bas ? demanda-t-il.

La Néo-Zélandaise réfléchit puis répondit :

— Non, je ne pense pas. Pourquoi ?

— Heuh, pour rien, fit Malko. Vous n’avez rien remarqué de spécial, dans la vie de Jim Stanford qui pourrait nous mettre sur une piste ?

Elle secoua la tête :

— Je voudrais vous aider, mais je ne vois pas. Il était là tous les matins ; l’après-midi, il allait se faire masser et revenait s’occuper des comptes, ou bien allait voir des fabricants.



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