
Malko sursauta :
— Pourquoi voulez-vous qu’il m’arrive malheur ?
— Vous faites un métier qui n’est pas de tout repos, n’est-ce pas ? dit-elle simplement. Et Bangkok est une ville dangereuse.
Elle jouait distraitement avec son énorme brillant. Soudain, elle se pencha vers Malko et souffla :
— Embrassez-moi.
Sans attendre la réponse elle avança le visage. Assez maladroitement, mais avec beaucoup de fougue. Son corps glissa contre le sien et le Lastex s’appuya contre l’alpaga de son costume. Mais elle se dégagea brusquement et jeta :
— Je suis folle.
Elle se mit debout d’un saut, puis se recoiffa. Son beau visage lisse avait repris toute sa froideur.
Malko se leva à son tour. Thépin était amusante, mais il n’était pas à Bangkok pour faire des galipettes avec une apprentie barbouze milliardaire et vierge.
— J’ai besoin d’un renseignement, dit-il. Savez-vous où se trouve le salon de massage Takara Onsen ?
Le visage de la jeune fille devint de glace. Comme si on avait vaporisé dessus de la neige carbonique. Les lèvres pincées, le menton hautain, elle jeta, avec un mépris sidéral :
— Vous n’avez pas perdu de temps. Demandez à votre hôtel, ils le savent sûrement. J’ai un peu mal à la tête, je vais demander à mon chauffeur de vous reconduire.
Sans même lui dire au revoir, elle tourna les talons et disparut de la pièce.
Avant de réaliser, Malko se retrouva dans la Mercedes, en route pour l’hôtel. Avec la vague impression que Thépin était en train de tomber amoureuse de lui.
Il ne manquait plus que cela.
Effectivement, le portier de l’Érawan se fit une joie d’aider Malko. Après lui avoir successivement proposé du cinéma cochon en couleur à domicile et cinq petites filles garanties presque vierges.
