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Une énorme pancarte, lettres rouges sur fond noir, annonçait : Takara Onsen, massages. Turkish Baths. L’entrée des « massages » était coincée entre un antiquaire et un marchand de souvenirs. Malko poussa la porte de verre et se trouva dans un hall carrelé, comme celui d’un établissement de bains. Une Thaï en kimono était assise derrière un bureau, très maquillée, au-dessous d’un panneau en thaï, chinois et anglais, annonçant les prix. Elle eut un sourire commercial pour Malko et lui tendit une brochure.
— Will you choose, sir
Une photo de fille avec un nom et un numéro s’étalait sur chaque page, surmontée d’une courte phrase, assez évocatrice, en anglais : My name is Lily : after you try me, you never forget… ou I am young and alone. Why don’t you come
La kinésithérapie ouvrait des horizons inconnus… La caissière attendait patiemment. Malko rendit la brochure et posa sur le comptoir un billet de cent bahts.
— Je voudrais la fille qui a l’habitude de masser mon ami Jim Stanford, demanda-t-il. Il m’en a dit beaucoup de bien…
L’expression de la fille ne se modifia pas. Elle fit disparaître le billet avec la vitesse d’un fourmilier avalant une sauterelle et annonça :
— Miss Petty, number 22.
Aussitôt, un Thaï minuscule surgit d’une porte entrebâillée et fit signe à Malko de le suivre. Ils enfilèrent un couloir qui sentait la vapeur et l’eau de Cologne. L’homme s’arrêta devant une porte, et poussa presque Malko à travers le battant entrouvert.
Une jeune Thaï se tenait debout entre une baignoire et une table de massage. Très petite, menue, les yeux cachés derrière des lunettes d’écaille, elle avait des bottes noires en plastique, montant jusqu’aux genoux, une mini-jupe blanche et une sorte de kimono très court retenu à la taille par une ceinture, assez ouvert pour laisser voir qu’elle ne portait pas de soutien-gorge.
