Elle accueillit Malko avec l’éternel salut thaï, s’avança d’un pas et commença à défaire sa chemise, d’une main agile. En quelques secondes Malko se retrouva en slip. Fermement, la Thaï tira dessus, le visage toujours aussi indifférent. Malko n’eut pas le temps de rougir. Déjà, elle lui faisait signe d’entrer dans la baignoire, remplie d’une eau bleutée, odorante et chaude. Il se laissa aller en arrière. Sans lui laisser le temps de respirer, la Thaï entreprit de le savonner avec une grosse éponge naturelle, un peu comme on bouchonne un cheval. Les yeux dans le vague, elle n’oublia aucun endroit, s’attarda longtemps sur le ventre. Détendu, Malko distinguait la naissance de deux seins pointus sous le kimono. Mais sa masseuse semblait toujours aussi indifférente. Elle n’avait pas dit encore un mot.

Elle jeta enfin son éponge et prit une grande serviette, faisant signe à Malko de sortir de la baignoire. Elle le sécha avec la même minutie, ne laissant pas un centimètre carré de peau humide. Et Malko se retrouva une fois de plus, nu comme un ver, au milieu de la pièce.

Toujours sérieuse comme un pape, la fille le prit par le bras et le fit s’étendre sur la table de massage capitonnée, le visage contre la toile cirée. Malko enfouit son visage dans une serviette chaude. La seconde suivante, il poussait un hurlement : il avait l’impression que le plafond venait de lui tomber sur le dos.

De toutes ses forces, miss Petty frappait les muscles de son dos du tranchant de la main à petits coups rapides. À en juger par la dureté des coups, elle devait être au moins ceinture noire de karaté. Comme volupté…

Il tenta de se redresser, mais un coup sur la nuque l’aplatit sur la table, groggy. Une fraction de seconde, il se demanda s’il n’était pas tombé dans un guet-apens, si la fille n’était pas en train de le tuer, tout bonnement, tant les coups lui faisaient mal. Depuis les Caraïbes, il se méfiait des bains de vapeur et des prétendues détentes en compagnie de créatures de rêve



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