
Les vibrations lui arrachèrent très vite un gémissement. Les doigts agiles rampaient sur la peau nue, descendant de plus en plus. Puis la main gauche remonta, glissant lentement, cherchant tous les points sensibles.
Malko poussa un grognement : maintenant la main droite de miss Petty, arrivée à son but ne bougeait presque plus mais les vibrations de l’appareil excitaient ses terminaisons nerveuses de cent millions de coups d’épingle. Jamais il n’avait ressenti une telle sensation. Il tendit les bras pour attirer à lui la jeune Thaï, mais, le visage neutre, elle se déplaça. Maintenant les deux mains s’activaient. Sans aucune précaution de douceur et sans répit.
Il pensa au Jardin des milles supplices. Les ondes délicieuses remontaient par vagues chaudes, le long de sa colonne vertébrale. Le plaisir vint brusquement. Plus fort qu’il ne l’avait jamais éprouvé. Tendu en arc de cercle, il cria, cherchant à échapper aux doigts effilés. Mais, en experte avertie, la Thaï ne le lâcha que lorsqu’il retomba, pantelant, serrant entre ses doigts crispés les bords de la table blanche. Quand il rouvrit les yeux le plafond blanc lui parut irisé comme un arc-en-ciel.
Miss Petty lui adressa un sourire gourmé. Déjà elle retirait ses diaboliques engins, les rangeait dans l’armoire et refermait son kimono. La récréation était terminée.
— Vous connaissez bien Jim Stanford ? demanda Malko, plutôt essoufflé.
Miss Petty fronça les sourcils, inquiète :
— Not good, sir ?
On ne trouve plus de telles consciences professionnelles.
Malko l’assura qu’il n’avait jamais connu de volupté aussi techniquement parfaite. Mais il n’était pas venu pour cela. La fille le regardait sans comprendre très bien ce qu’il voulait. Elle cherchait dans son esprit quelle abominable déviation sexuelle pouvait bien le hanter.
