— Chez vous. À Poughkeepsie. Et n’ayez pas de mauvaises idées. Sinon ce ne serait pas le bon Pavel que vous trouveriez au rendez-vous la prochaine fois.

Sans quitter Malko des yeux, il marcha à reculons vers la porte et l’ouvrit. Le battant claqua et Malko se retrouva seul.

Il aurait donné cher pour un bon verre de vodka bien glacé, afin de se remettre les idées en place. Lentement il se mit à inspecter l’appartement, après avoir ouvert la fenêtre. Tout était vide. Les placards où Sabrina entassait sa garde-robe de milliardaire, ceux de la salle de bains qui contenaient ses innombrables flacons, même ceux de la cuisine. À part les draps du lit et les affaires de Malko, l’appartement ne contenait plus aucun objet personnel, comme si Sabrina n’avait jamais existé. Seul persistait dans la chambre l’odeur de la jeune femme. Dans quelques heures lorsqu’il serait dissipé, Malko pourrait croire avoir rêvé. Il réalisa soudain qu’il ne possédait même pas une photo de Sabrina.

Sabrina qui se trouvait, sans nul doute, au centre de la machination.

CHAPITRE III

Il avait consacré une demi-heure à passer les lieux au peigne fin. Sans même découvrir une épingle à cheveux. Pour retrouver Sabrina, il n’avait qu’un nom, certainement faux, et le souvenir de son visage. C’est peu pour rechercher quelqu’un dans une agglomération de seize millions d’habitants. Il y avait une toute petite lueur d’espoir : Sabrina était certainement une « illégale » des Services secrets soviétiques. Les Russes avaient beaucoup de mal à les établir aux USA. Donc elle devait y être encore. Mais, de la Californie à New York, il y a 4.500 kilomètres. Avec une bonne fausse identité, Sabrina pouvait se cacher n’importe où. Même le FBI mettrait des semaines à la retrouver, avec le peu d’éléments dont disposait Malko.



19 из 210