Il se versa un grand verre de vodka « Krepskaia » dans lequel il fit tomber un glaçon et s’assit dans un fauteuil. Il grillait d’aller trouver David Wise, le directeur de la Division des plans de la CIA, son ami et patron, et de tout lui raconter. Au fond, il avait mis le doigt, involontairement, sur un important réseau clandestin russe.

Mais il connaissait les Américains : en dépit de toute son amitié, David Wise ne pourrait pas taire à ses supérieurs les témoignages accusant Malko d’être un ancien SS. Leur hantise, c’était justement ce genre d’histoire. Donc, ils risquaient de ne pas le croire entièrement.

Il se leva et alla dans sa salle de bains. Après avoir ôté sa chemise, il examina soigneusement son aisselle gauche. Le tatouage SS était bien là, gravé dans sa chair, indélébile, bien qu’assez pâle, comme effacé par le temps. Malkp jura à voix basse. Ils avaient pensé à tout. Comment prouver de façon certaine que ce tatouage n’existait pas auparavant ?

Rhabillé, il retourna dans le living-room et termina sa vodka d’un trait, sans parvenir à se réchauffer. Et soudain, une évidence le frappa. Il n’y avait qu’un moyen de faire échec à la fois aux Russes et aux tueurs d’Israël : retrouver l’homme dont on lui avait donné l’identité. Les Russes n’étaient pas assez bêtes pour avoir tout inventé. Certes, ce n’était pas une tâche aisée. Peut-être même impossible. Mais c’était l’unique chance d’écarter le danger, définitivement et totalement. Après, il s’occuperait du capitaine Andropov, avec l’aide de la CIA.

S’il était encore vivant, bien entendu.

Cinq minutes plus tard, il était en train de faire sa valise. Il engageait une course de vitesse contre la mort. Les Russes, dès qu’ils s’apercevraient de sa disparition se douteraient immédiatement de ce qu’il était en train de faire.

Il décrocha son téléphone et appela Kennedy Airport. Comme il le faisait souvent, il demanda les Scandinavian Airlines.



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