
Son interlocuteur l’avait suivi :
— Levez les bras, ordonna-t-il et tournez-vous de profil.
Malko obéit, sans comprendre.
— Maintenant, fit l’autre, regardez sous votre aisselle gauche.
Malko regarda. Et se demanda s’il ne vivait pas un horrible cauchemar.
Tatouées à l’encre violette, on distinguait nettement six chiffres et deux lettres : SS 308 625, ainsi que la lettre A, plus grande.
Le signe du Schwartzes Korps. Tous les SS portaient ce tatouage, même Heinrich Himmler, qui avait le numéro 168.
Il frotta les marques. Sans résultat. Il s’approcha de la glace et examina son aisselle plus attentivement, en pleine lumière.
C’était indiscutablement un tatouage. Ou il était fou, ou ce tatouage avait été exécuté pendant la nuit. Et par qui ? Il n’y avait que Sabrina dans l’appartement. Sabrina qui avait disparu. Il baissa les bras et se tourna vers son interlocuteur.
— C’est la première fois que je vois ce tatouage, dit-il. Je ne comprends pas. Je peux vous jurer que je ne l’avais pas hier.
L’autre ricana discrètement :
— Vous aurez du mal à faire croire cela, Herr Guern. D’ailleurs, ce ne sont pas les seules preuves contre vous. Venez.
Malko revint dans la chambre en frissonnant et remit sa chemise. Cela prenait vilaine tournure. L’inconnu prit un porte-documents noir posé près de sa chaise et le jeta à Malko.
— Regardez.
Malko ouvrit la serviette et en sortit une liasse de papiers et une grande photo.
Il se liquéfia intérieurement.
Le document représentait un homme en uniforme noir de SS, la casquette sur la tête, les yeux cachés derrière des lunettes noires, souriant, pointant un luger sur la nuque d’un prisonnier en uniforme rayé agenouillé au bord d’une fosse où l’on apercevait déjà des cadavres. D’autres SS braquaient des mitraillettes sur un groupe important de déportés.
