
— Mort ? demandai-je à Jérémie. (Non qu'il fût plus averti que moi en matière médicale, mais il tenait sa main plaquée sur la poitrine de Titan).
— Non, répondit mon ami : le cœur bat.
— Préviens Police Secours !
Jéré dégaina son portable pour composer le numéro.
Pendant qu'il faisait le nécessaire, je grimpis à l'étage, traversis l'antichambre jonchée d'un pantalon et parvins dans l'antre fornicatoire de l'écrivain par contumace. J'y découvris le minet blond décrit par le cher Félix. Le garçon (que je continue d'appeler ainsi), reposait sur le dos ; ses jambes ouvertes rendaient plus évidente la mutilation. Je ne pus m'empêcher d'évoquer une fille mise en congé de baise par ses ragnoches.
Le blondinet se trouvait nu sous une pompeuse robe de chambre, j'étais prêt à parier un kopeck neuf contre un dollar usagé que le futiau de la pièce attenante lui appartenait.
N'étant pas convaincu que l'ablation de sa zézette avait causé son trépas, je m'accroupissas auprès de lui pour effectuer des constatations plus poussées. Ne tardis pas à me rendre compte que son meurtrier lui avait enfoncé la tige d'un poinçon d'acier à la base du cerveau. Un manche de buis formait une étrange excroissance à travers sa longue chevelure décolorée. Le criminel usait d'un matériel varié !
Jérémie me rejoignit, l'air désemparé.
— Quelle pétaudière, murmura-t-il. L'affaire va déclencher un cirque du diable !
On pouvait y compter.
— Ces meurtres ont été exécutés par un familier des deux hommes, notai-je. Il semble évident que les victimes ne furent pas paniquées au moment du crime. J'aimerais qu'on fasse venir Mathias avant le patacaisse médiatique.
— Je viens de le prévenir : il arrive !
— Tu es chiant, grommelai-je, tu penses toujours à tout !
— Parce que j'ai été à bonne école, assura le flatteur.
