
L'empêcheur de forniquer en rond croisa les jambes et renversa son front altier pour admirer les tulipes muraniennes du lustre.
* * *— Alors, qu'est-ce t'as tant à raconter ? demanda l'épouse relaxée, après le départ du tritureur de glandes.
Son compagnon d'attelage préambula d'un rot dont il étudia le fumet avant de commencer :
— J'croive t'l'avoir dit, j'ai r'çu un turlu de m'sieur Félisque, not' ami l'ancien prof…
— Çui qu'a la bite encor' plus grosse qu' la tienne ?
— Testuel ! Y voulait m'rencontrer à cause d'un' affaire me concernant. N'en c'moment, y travaille comm' documentaleur pour un homme d'lett' qu'aime pas écrire ses bouquins.
— Si y trouve des cons qui les torchent mieux qu'lui, où est le mal ?
L'époux refusa d'entrer dans une discussion pour laquelle il se sentait désarmé. Au reste, peu lui chalait
Passant outre la pertinente considération, il en vint au sujet qui déstabilisait sa journée.
— Les r'cherches hystériques dont Félix vient d' faire l'ont conduit, tu sauras jamais où est-ce ! A Saint-Locdu-le-Vieux, mon village natable !
— Comment se peut-ce ? exclama sa camarade de vie.
— Figure-toive qu' nous aut', les Bérurier, sont cousins germanophiles des Pommier dont Léon, le père, avait comme sous-briquet Poléon, biscotte ça donnait, tu y auras remarqué : « Poléon Pommier », c'qu'était drôle dans son genre.
— J' trouv' pas tellement, assura la rabat-joite.
L'Obèse n'en fut pas mortifié. En matière d'humour, chacun réagissait selon son tempérament… Avec une sûreté de laboureur, il reprit :
— Pour en reviendre aux Pommier, l'prof a découvert qu' leur nom n'datait qu' d'quéques générations. A l'originel, y s'app'laient Ramolino.
Il attendit.
Rien ne vint.
En initié de fraîche date orgueilleux de son savoir, il demanda :
— T'sais c'que c'est, ce blase, ma poule ?
