
Il a écrit au roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, qui n'est pas un ennemi, en lui renouvelant des « vœux sincères pour la prospérité et la gloire de Votre Majesté ».
Il a écrit à l'empereur d'Autriche François II : « Étranger à tout sentiment de vaine gloire, le premier de mes vœux est d'arrêter l'effusion de sang qui va couler. »
Il a écrit à George III, roi d'Angleterre : « La guerre, qui depuis huit ans ravage les quatre parties du monde, doit-elle être éternelle ? N'est-il donc aucun moyen de s'entendre ?.. La France et l'Angleterre, par abus de leurs forces, peuvent longtemps encore, pour le malheur de tous les peuples, en retarder l'épuisement ; mais j'ose le dire, le sort de toutes les nations civilisées est attaché à la fin d'une guerre qui embrase le monde entier. »
La paix !
Il place sur sa table les courriers de ces agents que Talleyrand et Fouché entretiennent dans les différents pays d'Europe ou dans les milieux de l'agence royaliste de Paris. À Londres, à Vienne, on se moque de son désir de paix. Pitt affirme que le moyen le plus sûr de l'établir serait la restauration de la royauté à Paris. Et il a ajouté que le Premier consul est « le fils et le champion de toutes les atrocités de la Révolution ! »
Que faire alors ?
Réorganiser l'armée, créer une armée de réserve que l'on pourra déplacer rapidement d'un front à l'autre et, surtout, penser au soldat, car tout dépend de lui. On ne peut vaincre que s'il accepte de mourir. Pour cela, il faut qu'il croie à son chef, qu'il le voie près de lui, qu'il soit récompensé lorsqu'il accomplit un acte de bravoure.
Napoléon crée des distinctions - fusils, trompettes, baguette d'honneur - pour les grenadiers, les cavaliers, les tambours. Il s'emporte quand un membre de l'Institut parle avec dérision de ces « hochets de vanité ».
« C'est avec des hochets qu'on mène les hommes, répond-il... Croyez-vous que vous feriez battre des hommes par l'analyse ? Jamais. Elle n'est bonne que pour le savant dans son cabinet. Il faut au soldat de la gloire, des distinctions, des récompenses. »
