
Cet enfant-là, il a commencé par lui donner le sien,de nom : Danny Boodmann. La seule vanité qu’il se soit jamais accordée.Puis il a ajouté T.D. Lemon, exactement comme c’était marqué sur la boîte encarton, parce qu’il disait que ça faisait bien d’avoir des lettres au milieu deson nom : «Tous les avocats, ils en ont », confirma Burty Bum, unmachiniste qui avait fait de la prison grâce à un avocat qui s’appelait JohnP.T.K. Wonder. «S’il fait avocat, je le tue », déclara le vieux Boodmann,mais il lui laissa les deux initiales à l’intérieur de son nom, ce qui donnaDanny Boodmann T.D. Lemon. C’était un beau nom. Ils se l’étudièrent un peu, ense le répétant à voix basse, le vieux Danny et les autres, en bas, dans lasalle des machines, mais les machines éteintes, tout ça trempant dans l’eau duport de Boston. « Un beau nom, finit par dire le vieux Boodmann, mais illui manque quelque chose. Il lui manque un grand final. » C’était vrai. Illui manquait un grand final. « On a qu’à ajouter mardi, dit Sam Stull, quiétait serveur. Tu l’as trouvé un mardi, t’as qu’à l’appeler Mardi. » Dannyy réfléchit un peu. Puis il sourit. « C’est une bonne idée, Sam. Je l’aitrouvé la première année de ce foutu nouveau siècle, non ? : on va l’appeler Novecento, Mille-neuf-cents.
