
J’explique ce… foutoir génétique par une volonté inconsciente d’exogamie, de croisement des gènes, de renforcement de l’espèce : les pionniers du nouveau monde n’auraient probablement pas survécu à la monogamie ou à une polygamie de type kropte. Et d’ailleurs, hormis quelques individus faibles ou mentalement déficients, nous avons plutôt à nous féliciter de ce grand désordre : notre population compte actuellement une soixantaine de milliers de membres, presque tous en bonne santé, une croissance qui enflera de manière vertigineuse et nous conduira rapidement à déborder de nos frontières, à conquérir de nouveaux territoires.
Les mathelles ont donné leur nom aux clans maternels, ces immenses domaines qui sont les piliers de notre développement. Disséminés sur les plaines du continent du Triangle, les domaines – ou mathelles, donc – se terrent au milieu de ceintures de ressources qui, en principe, leur assurent une certaine autonomie. Chacun dispose d’une ou plusieurs sources d’eau potable, de champs de « manne », une céréale aux épis géants, aux grains ronds et blancs qui, récoltée deux fois par an, constitue la base de notre alimentation, d’une plantation de laine végétale, d’un verger et d’un jardin.
