
Depuis, le monde civilisé avait oublié la Somalie. Aux « Warlords » avaient succédé des « Tribunaux Islamiques » cherchant à instaurer la charia, eux-mêmes chassés par une expédition de l’armée éthiopienne sponsorisée par Washington.
Les Éthiopiens avaient entamé le dialogue avec les Islamistes à l’arme lourde, massacrant encore plus de civils et se contentaient depuis, modestement, de tenu quelques points d’appuis à Mogadiscio et à Baidoa, permettant l’établissement à Mogadiscio d’un Gouvernement Transitoire Fédéral dont l’autorité ne dépassait pas un jet de pierre. Appuyés mollement par un contingent militaire de l’Union Africaine — l’AMISOM — dont les soldats, terrés peureusement autour de l’aéroport de Mogadiscio, vendaient leurs armes à ceux qu’ils étaient chargés de combattre pour améliorer un ordinaire., il faut le reconnaître, extrêmement médiocre.
Les « Warlords » plus ou moins éliminés, les Tribunaux Islamiques en déroute, une nouvelle milice était née : les Shebabs, jeunes islamistes radicaux, admirateurs d’Al Qaida, bien décidés à établir un Émirat islamiste en Somalie. Se heurtant à quelques milices privées, mais à l’armement considérable, qui subsistaient encore.
En dépit de cette déliquescence, ce pays, sans vrai gouvernement, sans administration, sans police, sans armée, sans douane, sans infrastructures, parvenait à survivre. En effet, sur les huit millions de Somaliens, au moins deux se trouvaient à l’étranger, une dispora qui faisait vivre ceux restés au pays.
Et puis, on se débrouillait ! Au principal marché de Mogadiscio, Bakara, on trouvait de tout. Des boutres yéménites, omanais, dubaiotes, y déversaient les biens les plus sophistiqués. Le dollar avait remplacé le shilling somalien dont il fallait désormais 30000 pour obtenir un dollar.
