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On me désigne un grand type portant sous sa blouse grise une chemise blanche et une cravate noire ; plus, je pense, un pantalon mais comme la blouse lui tombe sur les radis, je ne saurais l’affirmer catégoriquement.

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On dirait une crémière qui aurait décidé de se faire passer pour une vamp.

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C’est un vieux à lunettes cerclées de fer qui ressemble à un instituteur en retraite. Il est emmitouflé dans un cache-nez de grosse laine, un béret lui emboîte la tête, sommé d’une petite couette agressive. Cet embryon de tige lui donne vaguement l’aspect d’une poire.

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S’annonce un grand dadais boutonneux à lunettes d’hypermétrope. La raie basse, les épaules en cintre à habits, une ombre de moustache blondasse. Il porte un pantalon de velours vert et un blouson de daim usé. Il a l’air con et instruit.

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Une grosse fille bouffie encaustique les chaises en chantant une chanson de Mlle Hardy avec la voix de Laurel. Elle est appétissante, peut-être parce qu’elle ressemble à du pâté de foie.

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Le vieux bonze a une frime ridée et ravagée par le chagrin. Il ressemble à un brochet sans dents que j’ai beaucoup connu. Il a la même tête verdâtre, les mêmes yeux lustrés, et les mêmes narines évidées.

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C’est un garçon costaud, d’une vingt-troizaine d’années, avec un front mince comme un ruban de machine à écrire, des yeux éteints et une grosse bouche saliveuse.

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Le potard est un monsieur à la trogne violacée qui ne doit pas picoler du sirop d’orgeat. Il a un naze épais comme une poignée de main de déménageur et les paupières au maigre de jambon.

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Imaginez une dame haute d’un mètre cinquante, large comme un vaisselier, ventrue, mafflue, bouddhique, avec une figure comme les fesses d’un tailleur où deux égratignures figurent les yeux, et une troisième la bouche.



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