
Orth glissa le ticket dans la fente de contrôle. Un rayon clignota dans le minuscule voyant, et la porte s’ouvrit en soupirant.
L’obscurité avala Orth. La dernière chose qu’il eut le temps d’apercevoir en se retournant, c’étaient les yeux de Lucinda remplis de larmes.
Le sombre couloir semblait être interminable. Ses murs luisaient faiblement et se rejoignaient quelque part au-dessus de lui.
Le plus inattendu était que le couloir n’avait pas d’embranchements et s’avéra être droit comme un fil. Où sont donc les pièges du Labyrinthe auxquels Orth s’attendait ?
Il ne pouvait pas préciser depuis combien de temps il se trouvait sous la terre, sa montre s’étant arrêtée.
Orth marchait silencieusement : le bruit de ses pas était étouffé par le sol. La pénombre et la solitude étaient pénibles. Ses amis étaient restés là-haut, dans la violente lumière d’une journée d’été.
Orth avançait avec l’impression qu’il se trouvait là depuis longtemps déjà. Mais il ne se sentait pas encore fatigué, ce qui, peut-être, était dû à l’excitation qui ne le quittait pas.
Subitement, une lueur brilla devant lui : il accéléra le pas, puis courut. Une minute plus tard, essoufflé, il s’arrêta à une bifurcation vivement éclairée. Ici, le couloir se dédoublait à angle aigu, et les deux passages avaient, à première vue, l’air parfaitement identique.
Orth réfléchissait : quelle direction prendre ?
Une musique lui parvint de loin. Mais, peut-être, n’était-ce qu’une hallucination provoquée par l’émotion ? Où pouvait donc conduire chacun des deux tunnels ? « Le Labyrinthe te mènera vers le bonheur », lui avait dit en guise d’adieux Léon.
Et comment est-il, le bonheur ? Est-ce qu’Orth en avait besoin ? N’était-il pas heureux au port, avec ses amis ? Ne ferait-il pas mieux de revenir parmi les siens, au port, avant de se perdre dans le Labyrinthe ?
