— Personne. Ce genre d’affaire est du ressort de Schalberg. Autant dire qu’il vaut mieux se passer de son aide. Le seul point de chute, c’est un journaliste belge qui travaille parfois pour nous et qui nous a donné de bons tuyaux quand il était en Égypte. Il s’appelle Jean Derieux et il bosse un peu pour tout le monde. Il vaut mieux ne pas avoir en lui une confiance illimitée, mais il connaît le pays et peut être utilisé à pas mal de choses.

— Je pourrais aussi demander un coup de main aux Russes. Au point où nous sommes ! Puisqu’ils en savent plus long que nous sur nos propres services…

— Contentez-vous de Derieux.

— Et après, qu’est-ce que je fais ? Je vous envoie Schalberg dans une caisse ?

— Vous avez carte blanche. Vous m’entendez : carte blanche. Si l’histoire est exacte, il faut empêcher à tout prix Schalberg de réaliser son projet. Même si vous devez… l’éliminer.

— Avant de rédiger mon testament, je voudrais savoir combien je laisse. Qu’est-ce que cette histoire va me rapporter ?

La discussion avait alors plongé dans des détails sordides. Avant son départ, Malko avait reçu la précieuse serviette noire. Jamais il n’avait vu autant d’argent. C’est triste d’être honnête, parfois.

Contrairement à ses habitudes, il avait pris une arme, un 38 police « offert » avec la serviette. William Mitchell l’avait accompagné à l’avion, pour lui donner ses dernières instructions.

— J’ai vu le Président. Il vous souhaite bonne chance. Vous devez réussir. Et si vous ne pouviez agir tout seul, vous avez l’ordre de mettre vous-même le chah au courant. Notre ambassadeur vous obtiendra une entrevue. Mais ne faites cela qu’en dernier ressort. C’est une telle humiliation !

Sur ces bonnes paroles, Malko avait gagné son siège de première et s’était endormi. Le voyage n’avait commencé à devenir intéressant qu’à Paris, avec l’apparition de la ravissante Hildegard.



16 из 176