— Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? jura-t-il. Personne n’a le droit de nous arrêter. Repartez immédiatement, chauffeur.

Mais le chauffeur avait une mitraillette sur le ventre et de la famille. Il grommela quelque chose d’incompréhensible et ne bougea pas.

Brutalement, l’officier iranien attrapa le steward par la manche et le jeta hors du véhicule.

— Tout le monde dehors, répéta-t-il.

Cette fois, personne ne se le fit dire deux fois. Même le commandant de bord, impressionné peut-être par l’uniforme, se leva. Tout cela ne disait rien de bon à Malko. Ce contrôle impromptu, en pleine nuit, semblait bizarre. Il eut une idée, facile à réaliser…

À son tour, il sortit, précédant Hildegard. Dès que l’officier le vit, il aboya :

— Qui êtes-vous ? Vous êtes un civil ? Pourquoi vous cachez-vous dans un véhicule des équipages ? Vos papiers !

Malko, tenant sa serviette d’une main, tendit son passeport, mais l’officier le regarda à peine. Se retournant, il appela deux hommes en civil qui jusque-là étaient restés dans l’ombre.

— Emmenez-le ! cria-t-il en persan. Puis, en anglais, il ajouta, pour les autres passagers : Vous pouvez remonter. Monsieur est suspect et nous le gardons.

Encore mal réveillés, tous remontèrent dans le car. Hildegard la dernière. Elle se retourna et examina anxieusement Malko. Pour la rassurer, celui-ci fit un clin d’œil. Il espérait qu’elle l’apercevrait dans l’obscurité.

Les deux hommes appelés par l’officier l’avaient encadré. C’étaient deux malabars de un mètre quatre-vingt-dix, le front bas et la moustache agressive. Ils prirent Malko chacun par un bras et l’entraînèrent vers une vieille voiture américaine, gardée par quelques soldats. Placidement, les hommes replièrent leurs mitraillettes et attendirent. Malko entendit l’un d’eux qui disait : « Le lieutenant Tabriz a dit qu’après on pourrait aller se coucher. »



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