
Malko s’était bien gardé de montrer qu’il comprenait l’iranien. Ce sont des détails comme cela qui parfois vous sauvent la vie. Il se laissa entraîner sans résistance jusqu’à à la voiture, se demandant comment cette comédie allait se terminer. Pour lui, cela risquait fort de finir par une promenade dans le désert…
Avant de pénétrer dans la voiture, l’un des gorilles le fouilla et le soulagea de son pistolet. Malko ne lâcha pas sa serviette.
Un civil était au volant. Il démarra aussitôt, dès qu’ils furent montés.
— Où allons-nous ? demanda Malko, en anglais, pour la forme.
Ses gardiens ne répondirent même pas. La voiture quitta tout de suite la route et prit un chemin de traverse, au sol inégal. Malko songea qu’avant que le commandant de bord ne puisse alerter qui que ce soit, ce serait beaucoup trop tard pour lui.
Il serrait toujours précieusement la poignée de la serviette. Soudain, la voiture ralentit et s’arrêta. Le gorille de gauche ouvrit la portière et tira Malko dehors.
C’était bien ce qu’il avait pensé. Ils étaient dans un terrain vague. On voyait au loin les lumières de Téhéran. Malko banda ses muscles. Il fallait filer dans l’obscurité. Les gorilles ne lui laissèrent pas le temps de bondir. L’un d’eux le saisit par-derrière, lui immobilisant les deux bras. Il avait une force terrifiante. Malko ne pouvait plus respirer. L’autre lui prit d’une main le poignet et de l’autre la poignée de la serviette. Enfonçant son pied dans le ventre de Malko, il tira de toutes ses forces.
Malko eut un hoquet et lâcha la serviette. Aussitôt, celui qui le tenait le libéra. Un coup violent atteignit Malko derrière l’oreille. Il s’écroula sur le sol caillouteux et encore chaud.
Confusément, il entendit la voiture démarrer et faire demi-tour. Il était seul. Ils n’avaient pas osé ou pas voulu le tuer.
Il se remit sur ses pieds et vomit. C’était le coup de pied dans le ventre. Le ciel était étoilé et la nuit était douce. Au loin, un chien hurlait.
