
Malko se mit en marche, reprenant le chemin qu’avait emprunté la voiture. Il réfléchissait. Ainsi l’histoire incroyable qu’on lui avait racontée à Washington n’était pas sortie du cerveau malade du général Gavin.
Au bout de vingt minutes, il se retrouva sur la grand-route. Bien entendu, les soldats et l’officier avaient disparu. Il ne restait plus qu’à regagner le Hilton.
Il attendit près d’une demi-heure au bord de la route. Des voitures passaient, mais c’étaient tous des particuliers ou des taxis bondés. Enfin arriva un taxi vide, descendant de la montagne. Malko l’arrêta. L’autre ne voulait pas repartir. Il allait se coucher. Finalement pour quatre cents riais, il consentit à faire demi-tour. La course valait soixante riais. Mais ce n’était pas le moment de discuter.
Malko avait affreusement mal à la tête. Du sang avait coulé et séché le long de sa joue. Enfin, le taxi stoppa devant le Hilton. Le portier dormait. Malko pénétra directement dans le hall. Une certaine animation y régnait.
Le commandant de bord, nu-tête, gesticulait au milieu d’un groupe. Il y avait là plusieurs civils et un Iranien en uniforme. Malko s’approcha.
C’est l’Iranien qui le vit le premier. Il poussa un cri et tous les autres se tournèrent vers Malko. Le commandant de bord se précipita.
— Bon sang, ce qu’on a eu peur pour vous ! J’ai cru que ces salauds vous avaient descendu. Quand je pense que ces macaques sont équipés avec nos bons dollars !
— Je ne vous permets pas, commença l’Iranien…
— Vous, le macaque, bouclez-la, coupa l’Américain. Ou je vous vire à coups de pied. Vous feriez mieux de retrouver le fou qui s’est permis cet attentat inqualifiable.
L’officier leva les bras au ciel.
— Je vais faire un rapport. Où voulez-vous que j’aille les chercher ? C’est incompréhensible.
