
À présent, tous les yeux étaient rivés sur l’horloge. Lessecondes s’égrenaient avec une lenteur infinie, comme si le mécanisme avaitchoisi cet instant précis pour s’enrayer.
Au même moment, à Hawaii, le soleil jetait ses derniersfeux. En regardant le ciel en direction du nord, on pouvait sans doute voirnotre station pointer à l’horizon et percer le crépuscule, tel un pointminuscule mais aisément identifiable à l’œil nu. Tout était prêt pour qu’onnous envoie un rayon laser, directement braqué sur notre émetteur d’énergie. Cen’était plus qu’une question de secondes. L’énergie coulerait ensuite le longde ce rayon avant de rejoindre la Terre et d’être absorbée par une gigantesquegrille de récupération de près d’un kilomètre carré qui tanguait dans les eauxdu Pacifique, au nord de la petite île de Nihoa.
Normalement, ça marchait.
Mais depuis deux mois quelque chose clochait.
Encore quarante-cinq secondes.
Les gens pensent toujours qu’il est facile de décrire notrestation. Mais qu’ils essayent, pour voir. Évidemment, tout le monde sait qu’ils’agit d’un site expérimental, censé principalement remplir deuxfonctions : d’une part étudier sous différents aspects l’exploitation d’énergiedans le rayonnement solaire et la transmission de cette énergie depuis l’espacejusque sur la Terre, et d’autre part développer la technologie appropriée. Demême, on imagine sans peine que pour être opérationnelle une telle installationdoit être munie d’éléments d’une superficie relativement importante, désignésdans le langage courant sous le terme de cellules ou de panneaux solaires. Maisce que l’on ne peut se représenter, c’est la taille réelle de ceséléments.
