
Encore deux minutes.
— Hawaii, ici station spatiale Nippon. Répondez,s’il vous plaît.
C’était Sakai, l’opérateur en charge des transmissionsradio, des transferts de données et des communications en général. Un typetaciturne sans le moindre humour et plutôt désagréable. Je ne l’avais jamais vudiscuter plus de deux minutes avec aucun des membres de l’équipage. S’il avaitchoisi de faire de la communication son métier, c’est sans doute parce qu’il enétait parfaitement incapable à titre privé. Et le fait qu’il parlait courammentanglais n’y changeait rien.
Une voix se fit entendre dans le haut-parleur :
— Nippon, ici Hawaii. Nous vous avons localisés.
— Hawaii, nous serons parés pour recevoir votre rayonde guidage dans… (il consulta l’horloge de mission) une minute et quarantesecondes.
— Bien reçu. Synchronisation assurée.
Un rire goguenard vint saluer cette dernière déclaration.Son auteur : James Prasad Jayakar, notre spécialiste en informatique. À sapropre demande, l’ensemble de l’équipage l’appelait simplement Jay. Fils d’unphysicien indien et d’une cybernéticienne anglaise, il arrivait en droite lignede Cambridge où on l’avait acheté à prix d’or. Si vous ne vous laissiez pasrebuter par le côté plutôt… « original » du personnage, c’étaitquelqu’un avec qui il était facile de s’entendre. Et quand on pensait qu’ileffectuait là son premier séjour dans l’espace (il avait débarqué à bord quatremois auparavant, par l’avant-dernière navette), il s’en sortait étonnammentbien.
