Sur ce point, la description qui m’a le plus impressionné,je l’ai trouvée un jour dans un prospectus diffusé par l’agence spatialejaponaise. Elle présentait les choses ainsi : Imaginez une fine feuille depapier blanc de forme circulaire et d’un diamètre équivalent à cinquantecentimètres, soit juste ce qu’il faut pour qu’un adulte puisse l’enserrer deses mains en maintenant les bras tendus devant lui. Au centre de ce cercle estplantée une petite épingle. La tête minuscule de cette épingle, c’est lastation proprement dite. C’est ici que vivent, travaillent et dorment lesmembres de l’équipage ; c’est ici que sont menées des expériencesscientifiques de toutes sortes, et c’est également ici que sont logées toutesles machines nécessaires à l’approvisionnement en air et en eau. Quant à lapointe de l’aiguille, elle correspond en réalité à une tige extrêmement fine decent cinquante mètres de long, semblable à une tour de forage, au bout delaquelle se trouve l’émetteur d’énergie. Et la feuille de papier, ce sont lescellules solaires.

Seulement, il ne s’agit pas de capteurs au sens classique duterme, mais d’une pellicule particulièrement mince qu’on ne peut produire qu’enétat d’apesanteur. C’est pourquoi nous la fabriquons ici, à bord. Une foisdéployée et maintenue grâce à des poutrelles d’une épaisseur bien dérisoire,elle permet de récolter environ cent watts au mètre carré. En incluant lesarmatures et les conduits énergétiques, ce même mètre carré pèse en moyenne dixgrammes, c’est-à-dire nettement moins que le papier.

Et l’ensemble est réellement gigantesque. Notre champ devision s’en trouve réduit de moitié. En observant le ciel par les hublots de lastation, nous voyons tout autour de nous cette surface immaculée, scintillantecomme de la neige fraîchement tombée. Elle s’étend à perte de vue et rejoint l’horizon,surplombée par une demi-voûte étoilée. À cette époque de l’année, un hémisphèreterrestre se dérobe lui aussi au regard, la planète guidant sa course sur lepourtour du disque.



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