— Well, well, well !

Ce qui, nul à bord de cet ouvrage n’en ignore, tendrait à faire croire qu’il parle anglais comme père et mère Windsor.

Suit une période de confusion. Les passagers de l’ascenseur échangent des inquiétudes, d’abord dans leurs dialectes maternels, ensuite en anglais moderne.

La personne néerlandaise suggère que, l’appareil à air conditionné s’étant arrêté et la cabine paraissant étanche, nous allons, si la panne dure, périr d’asphyxie.

Histoire de ne pas être en reste de mauvais présage, la folle guêpe germaine préfère supposer que le treuil de l’ascenseur va craquer et que nous chuterons librement dans les entrailles de l’hôtel où nos os deviendront cendre et poudre.

Ainsi se crée la panique.

Le garçon d’ascenseur récite à haute voix des « Notre père quête z’aux cieux » et des « Je vous allume Harry » qui pour être lâchés en espagnol, n’en sont que plus fervents.

— T’as pas les jetons, fifille ? demandé-je à ma petite camarade de panne.

— Avec toi, jamais ! bredouille la mauviette dont la main moitit.

La femme des Pays-Bas se met à glapir, fräulein ma Rondelle à hurler. Le liftier récite son acte de construction.

Je décide alors de « faire quelque chose ».

Je confie mon briquet au old monsieur. J’empare un canif à manche de nacre dont la lame est very résistante. Me mets à dévisser la plaque d’évacuation située au plaftard. Pour ce faire, me perche sur les épaules hollandaises du zuydersien, tandis que le beau vieillard en smoking me brandit la flamme bleutée de mon Cartier guilloché. En quelques minutes je dégage l’ouverture. Un souffle d’air caverneux nous tombe sur la coloquinte. Petit rétablissement et me v’là juché sur le toit de la cabine. Le briquet m'est transmis, tel le flambeau olympique. Il me permet de constater que nous sommes à un bon mètre de l’étage supérieur. Que fait le mignon Santonio ? Je devrais pas vous en causer car ça carbonise mes batteries, mais je déteste les crachoteries.



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