« Golan ! »

La voix vint le troubler dans ses pensées et il leva la tête vers le soleil, clignant les yeux.

« Ah ! Janov », dit-il chaleureusement – d’autant plus qu’il n’avait pas envie que Pelorat devinât l’amertume de ses pensées. Il parvint même à lancer un jovial : « Je vois que vous avez réussi à vous arracher à l’étreinte de Joie… »

Pelorat hocha la tête. La douce brise ébouriffait ses cheveux blancs soyeux et son long visage solennel ne s’était en rien départi de sa longueur et de sa solennité. « A vrai dire, mon bon, c’est elle qui m’a suggéré de venir vous voir pour… pour ce que j’ai à vous exposer. Non que je n’aurais pas moi-même désiré vous voir, bien entendu, mais j’ai l’impression qu’elle pense plus vite que moi. »

Trevize sourit. « Ça va bien, Janov. Vous êtes venu me dire adieu, je suppose.

— Eh bien, non, pas exactement. En fait, ce serait plutôt l’inverse. Golan, quand nous avons quitté Terminus, vous et moi, j’avais la ferme intention de trouver la Terre. J’ai passé virtuellement toute ma vie d’adulte à cette tâche.

— Et je m’en vais la poursuivre, Janov. La mission m’incombe, désormais.

— Oui, mais c’est également la mienne ; encore la mienne.

— Mais… » Trevize leva un bras dans un vague mouvement incluant l’ensemble du monde qui les entourait.

Pelorat dit, dans un halètement soudain : « Je veux venir avec vous. »

Trevize se sentit abasourdi. « Vous ne parlez pas sérieusement, Janov. Vous avez Gaïa à présent.

— Je reviendrai bien un jour à Gaïa mais je ne peux pas vous laisser partir seul.

— Certes si. Je suis capable de me débrouiller tout seul.

— Soit dit sans vouloir vous vexer, Golan, mais vous n’en savez pas encore assez. C’est moi qui connais les mythes et légendes. Je peux vous guider.



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