— Sur le champ de bataille ?

— Précisément ! Je ne me suis pas mépris.

— Qu’avez-vous en vue ?

— Patientez quelque peu, bredouilla Akim Ksénofontovitch d’un air soucieux.

— La seule chose que je ne comprends pas, c’est en vertu de quelle association Tobor en est arrivé à sa décision, prononça entre ses dents Sourovtsev.

Akim Ksénofontovitch loucha dans sa direction, sembla vouloir dire quelque chose mais se tut.

Entre-temps Tobor avait presque atteint l’extrémité de la zone de bombardement de météorites : encore trois ou quatre bonds et il sortirait du secteur dangereux. Regardant le profil sévère de son voisin, Sourovtsev comprit que le patriarche était visiblement mécontent de quelque chose. A l’ISA (Institut des systèmes auto-organisés) tout le monde savait qu’il n’avait pas son pareil pour flairer les « défaillances de toutes sortes au bureau de garantie », pour reprendre l’expression de prédilection d’Akim Ksénofontovitch. Ce n’est pas pour rien que la direction l’avait nommé responsable du cycle décisif des essais de Tobor Premier.

— Mais c’est un scandale ! On dirait non pas une translation directe, mais une projection au ralenti, grommela Akim Ksénofontovitch sans prêter attention à personne lorsque Tobor se remit à lambiner.

— Seulement deux secondes de trop…, prononça machinalement Sourovtsev.

— Ce sont ces secondes qui, en s’accumulant, constituent les minutes, les heures de pénalité, dit Akim Ksénofontovitch.

— La route est encore longue. Il rattrapera le temps perdu ! intervint le vestibularis dans la conversation.

Pendant plusieurs années Sourovtsev avait « édu-qué », perfectionné ce système protéique des plus complexes appelé Tobor, ou Tobor Premier.



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