Vérence arriva à la nourrisserie, vit la porte enfoncée, les draps qui traînaient…

Entendit le bruit des sabots. Il gagna la fenêtre, vit son propre cheval franchir à fond de train le portail ouvert entre les brancards du carrosse. Le martèlement des sabots retentit encore un moment sur les pavés, renvoyé par l’écho, puis mourut.

Le roi frappa l’appui de la fenêtre et son poing s’enfonça d’une main dans la pierre.

Il s’élança alors dans le vide, sans daigner se soucier de la chute, descendit, moitié volant, moitié courant, à travers la cour et pénétra dans les écuries.

Vingt secondes lui suffirent pour constater qu’à la longue liste des choses interdites aux fantômes il fallait ajouter l’équitation. Il réussit bien à monter en selle, ou du moins à chevaucher du vide juste au-dessus, mais lorsque le cheval finit par s’emballer, terrifié au-delà de toute expression par les choses mystérieuses qui se passaient derrière ses oreilles, Vérence se retrouva assis à califourchon sur un mètre cinquante de rien.

Il voulut courir et parvint au portail avant que l’air autour de lui ne s’épaississe jusqu’à la consistance du goudron.

« Vous ne pouvez pas, fit une voix triste et vieille derrière lui. Il faut rester là où vous avez été tué. Hanter, c’est ça. Croyez-moi. J’en sais quelque chose. »


* * *

Mémé Ciredutemps marqua une pause, un deuxième petit pain à mi-chemin de sa bouche.

« Y a quelque chose qui vient, dit-elle.

— Vous avez des picotements dans les pouces ? » demanda sérieusement Magrat. Elle avait beaucoup appris sur la sorcellerie dans les livres.

« Des picotements dans les oreilles », répondit Mémé. Elle leva les sourcils à l’intention de Nounou Ogg. La vieille Bobonne Plurniche avait fait une excellente sorcière dans son genre, mais bien trop fantaisiste. Trop de fleurs, d’idées romantiques et tout ça.



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