
— Si j’avais dû vous acheter, vous auriez pas valu la dépense.
— Mais vous ne savez rien de nous ! dit madame Vitoller.
— Non, hein ? fit tranquillement Mémé. Naturellement, on aimerait bien savoir comment il va. Vous pourriez nous envoyer des lettres et tout. Mais ça serait pas une bonne idée de parler de tout ça après votre départ, vous voyez ? Pour le bien de l’enfant. »
Madame Vitoller regarda les deux vieilles femmes.
« Il y a autre chose, n’est-ce pas ? dit-elle. Quelque chose d’important derrière tout ça ? »
Mémé hésita, puis fit oui de la tête.
« Mais il serait très malsain pour nous de le savoir ? »
Re-oui de la tête.
Mémé se leva lorsque plusieurs acteurs entrèrent et rompirent le charme. Les acteurs ont l’habitude de remplir tout l’espace autour d’eux.
« J’ai d’autres choses à voir, dit-elle. J’vous d’mande de m’excuser.
— Il s’appelle comment ? interrogea Vitoller.
— Thomas, répondit Mémé qui hésita à peine cette fois.
— Jean », répondit Nounou. Les deux sorcières échangèrent des regards. Mémé l’emporta.
« Thomas-Jean », dit-elle fermement avant de sortir majestueusement.
Elle tomba sur une Magrat essoufflée derrière la porte.
« J’ai trouvé une malle, dit Magrat. Avec toutes les couronnes et les machins. Alors je l’ai mise dedans, comme vous avez dit, tout en dessous du reste.
— Bien, fit Mémé.
— Notre couronne à nous, elle avait l’air drôlement moche à côté des autres !
— Comme quoi, hein… ? dit Mémé. Quelqu’un t’a vue ?
— Non, tout le monde était trop occupé, mais… » Magrat s’arrêta et rougit.
« Ben, vas-y, ma fille.
— Juste après ça, un homme s’est approché et m’a pincé les fesses. » Magrat s’empourpra comme une pivoine et se plaqua la main sur la bouche.
