
Les sorcières regardaient la scène depuis la chaumière de Magrat grâce à la vieille boule de cristal verte de Nounou Ogg.
« Il serait temps que t’apprennes comment obtenir le son sur ce truc », marmonna Mémé. Elle lui donna un petit coup et l’image se rida.
« C’était très bizarre, dit Magrat. Dans ces chariots. Les affaires qu’ils avaient ! Des arbres en papier, toutes sortes de costumes et… – elle agita les mains – il y avait une grande peinture d’un pays étranger, avec des temples, des choses comme ça, toute roulée. C’était beau. »
Mémé grogna.
« Moi, j’ai trouvé ça merveilleux, ces gens qui devenaient rois et tout, pas vous ? C’était comme de la magie.
— Magrat Goussedail, qu’est-ce que tu racontes ? C’était que de la peinture et du papier. Tout le monde l’a vu. »
Magrat ouvrit la bouche pour parler, retourna l’argument suivant dans sa tête et referma la bouche.
« Où elle est, Nounou ? demanda-t-elle.
— Dehors, allongée sur la pelouse, répondit Mémé. Elle s’est sentie un peu mal fichue. » Et on entendit une Nounou Ogg mal fichue qui éructait à tue-tête devant la chaumière.
Magrat soupira.
« Vous savez, dit-elle, si on est ses marraines, on aurait dû lui faire trois cadeaux. C’est la tradition.
— De quoi tu parles, ma fille ?
— Trois bonnes sorcières sont censées offrir trois cadeaux au bébé. Vous savez, comme la beauté, la sagesse et le bonheur. » Magrat poursuivit, d’un air provocant : « C’est comme ça qu’on faisait, dans le temps.
— Oh, tu veux dire les chaumières en pain d’épices et tout, fit Mémé pour couper court. Les rouets, les citrouilles, se piquer le doigt sur des épines de rosiers et le reste. Moi, j’ai jamais marché là-dedans. »
