… en les noyant dans les larmes…

Ses poumons éclataient ! Ses lèvres frémissaient, sa gorge se serrait à l’étouffer, la fange lui entrait dans les oreilles, mais cela ne l’empêchait pas d’entendre un formidable rugissement et de voir des lumières, encore qu’il fasse nuit noire. Les muscles de son ventre se mirent à se contracter spasmodiquement, et il dut serrer les mâchoires pour empêcher sa bouche de s’ouvrir afin de chercher un air inexistant. Là, maintenant, il fallait qu’il cesse de lutter. Non, maintenant. Attends, pas encore… Peut-être était-ce plutôt maintenant. Là, là, tout de suite ; se laisser aller à ce néant obscur à l’intérieur de lui-même… il fallait qu’il respire… maintenant !

Avant qu’il ait eu le temps d’ouvrir la bouche, il se retrouva le dos projeté contre le mur, plaqué sur les pierres comme par un monstrueux poing d’acier. Il expulsa en un souffle convulsif tout l’air vicié que contenaient ses poumons. Sa chair se refroidit brusquement, et toutes les parties de son corps en contact avec la paroi s’emplirent d’une douleur pulsatile. La mort, semblait-il, n’était que pression, souffrance, froidure et luminosité excessive…

Il releva péniblement la tête et gémit sous l’impact de la lumière. Il s’efforça d’entendre, s’efforça de voir. Que se passait-il ? Comment se faisait-il qu’il puisse respirer ? Pourquoi était-il à nouveau si lourd ? Le poids de son propre corps lui déboîtait les bras des épaules ; ses poignets étaient entaillés presque jusqu’à l’os. Qui pouvait bien lui avoir fait cela ?

À l’emplacement du mur qui jusqu’alors lui faisait face, s’ouvrait à présent un énorme trou aux bords dentelés, qui se prolongeait sous le plancher de cellule.



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