
— Hobart, Hobart, murmure l'Intéressant, c'est pas du côté de Dieppe, ça ?
Pour le coup, la Vieillasse se fend le pébroque :
— Non, mon cher Bérurier, rectifie-t-il, Hobart est la capitale de la Tasmanie.
— Faites excuse, se trouble le Monstrueux, je me disais aussi que ça devait nicher dans le Moyen-Orient.
La maladie lui donne décidément toutes les patiences, au maquettiste de funérailles.
— La Tasmanie ne se trouve pas au Moyen-Orient, mais au sud de l'Australie, déclare le Boss.
— Comme qui dirait en plein équateur, quoi ! se rattrape le Dodu.
— Comme qui dirait en plein hémisphère sud, complète notre estimé chef.
— C'est bien ce que je disais, termine Bérurier.
Cette fois, l'homme à la calotte « d'estragon » ne se donne plus la peine de géographier. C'est vers moi, homme cultivé et suprêmement intelligent que, délibérément, il se tourne.
— Vous vous envolerez dès ce soir pour la Tasmanie, San-Antonio, via Melbourne. Une fois à Hobart, vous contacterez notre agent là-bas, un certain Wolfgang Hourrou, lequel enquête de son côté. Il vous mettra au courant de ses recherches et vous présentera au commandant de L'Impitoyable.
Il sonne le ci-devant brigadier Grossel.
— Prenez l'enveloppe jaune qui se trouve dans mon coffre, lui dit-il, et remettez-la au commissaire San-Antonio. Elle contient vos titres de transport, des devises et une documentation détaillée sur la Terre Adélie, me révèle le Dabuche. Vous trouverez à Hobart l'équipement qui vous sera nécessaire pour débarquer au pôle. Hourrou s'en occupe.
C'est la fin de l'entretien. Je me lève et recommande à mon bien-aimé directeur de se soigner énergiquement afin qu'il connaisse bientôt des lendemains meilleurs dans la douceur retrouvée des matins triomphants.
