
— C’est tout ce que vous avez àme dire ?
— Pardon !…
Encore un mot qu’il aimait employer.
— Pardon, commissaire ! Ilest bien entendu que je suis prêt à vous aider de toutes mes connaissances etde mon expérience des choses du pays… Mais il est urgent qu’une auto…
Maigret se passa la main sur lefront.
— Eh bien ! j’irai vousvoir prochainement chez vous…
— Quant à l’auto ?…
— Lorsque les constatationsseront terminées, la vôtre vous sera rendue…
— Puisque je vous dis que MmeMichonnet et moi…
— Présentez donc mes hommages àMme Michonnet !… Bonjour, monsieur…
Ce fut si vite fait que l’assureurn’eut pas le temps de protester. Il se retrouva sur le palier, avec son chapeauqu’on lui avait poussé dans la main, et le garçon de bureau lui lançait :
— Par ici, s’il vousplaît ! Premier escalier à gauche… Porte en face…
Maigret, lui, s’enfermait à doubletour, mettait de l’eau à chauffer sur son poêle pour préparer du café fort.
Ses collègues crurent qu’iltravaillait. Mais on dut le réveiller quand, une heure plus tard, un télégrammearriva d’Anvers, qui disait :
Isaac Goldberg, quarante-cinqans, courtier en diamants, assez connu sur place. Importance moyenne. Bonnesréférences bancaires. Faisait chaque semaine, en train ou avion, les placesd’Amsterdam, Londres et Paris.
Villa luxueuse à Borgerhout, ruede Campine. Marié. Père de deux enfants, âgés de huit et douze ans.
Mme Goldberg, avertie, a pris letrain pour Paris.
A onze heures du matin, la sonneriedu téléphone retentit. C’était Lucas.
— Allô ! Je suis auCarrefour des Trois-Veuves. Je vous téléphone du garage quise dresse à deux cents mètres de la maison des Andersen… Le Danois est rentréchez lui… La grille est refermée… Rien de spécial…
— La sœur ?
— Doit être là, mais je ne l’aipas vue…
