
A cinq mètres du groupe, lespoliciers interrogent le douanier, qui est le seul témoin de l’événement.
On regarde le seuil de deux marches.C’est le seuil d’une grosse maison bourgeoise, dont les volets sont clos. Adroite de la porte, une affiche de notaire annonce la vente publique del’immeuble pour le 18 novembre : Mise à prix : 80.000 francs…
Un sergent de ville chipotelongtemps sans parvenir à forcer la serrure, et c’est le patron du garagevoisin qui la fait sauter à l’aide d’un tournevis.
La voiture d’ambulance arrive. Onhisse M. Mostaguen sur une civière. Les curieux n’ont plus d’autre ressourceque de contempler la maison vide.
Elle est inhabitée depuis un an.Dans le corridor règne une lourde odeur de poudre et de tabac. Une lampe depoche éclaire, sur les dalles du sol, des cendres de cigarette et des traces deboue qui prouvent que quelqu’un est resté assez longtemps à guetter derrière laporte.
Un homme, qui n’a qu’un pardessussur son pyjama, dit à sa femme :
— Viens ! Il n’y a plusrien à voir… Nous apprendrons le reste demain par le journal… M. Servières estlà…
Servières est un petit personnagegrassouillet, en paletot mastic, qui se trouvait avec M. Le Pommeret à l’Hôtelde l’Amiral. Il est rédacteur au Phare de Brest, où il publie entreautres chaque dimanche une chronique humoristique.
Il prend des notes, donne desindications, sinon des ordres aux deux policiers.
Les portes qui ouvrent sur lecorridor sont fermées à clé. Celle du fond, qui donne accès à un jardin, estouverte. Le jardin est entouré d’un mur qui n’a pas un mètre cinquante de haut.De l’autre côté de ce mur, c’est une ruelle, qui débouche sur le quai del’Aiguillon.
— L’assassin est parti parlà ! annonce Jean Servières.
C’est le lendemain que Maigretétablit tant bien que mal ce résumé des événements. Depuis un mois, il étaitdétaché à la Brigade mobile de Rennes, où certains services étaient àréorganiser. Il avait reçu un coup de téléphone alarmé du maire de Concarneau.
