
Famille Wienands, habite la villa voisine des Popinga. Carl Wienands est professeur demathématiques à l’Ecole navale. Femme et deux enfants. Aucune connaissance dufrançais.
Beetje Liewens, dix-huit ans, fille d’un fermier spécialisé dans l’exportation desvaches de race pure. Deux séjours à Paris. Français parfait.
C’était sans éloquence. Des noms quin’évoquaient rien, du moins pour Maigret qui arrivait de Paris après une nuitet une demi-journée de chemin de fer.
Delfzijl le dérouta dès la premièreprise de contact. Au petit jour, il avait traversé la Hollande traditionnelledes tulipes, puis Amsterdam qu’il connaissait. La Drenthe, véritable désert debruyères aux horizons de trente kilomètres sillonnés de canaux, l’avaitsurpris.
Il tombait maintenant sur un décorqui n’avait rien de commun avec les cartes postales hollandaises et dont lecaractère était cent fois plus nordique qu’il l’avait imaginé.
Une petite ville : dix ouquinze rues au plus, pavées de belles briques rouges aussi régulièrementalignées que les carreaux d’une cuisine. Des maisons basses, en briques aussi,ornées d’une profusion de boiseries aux couleurs claires et joyeuses.
C’était un jouet. D’autant plusjouet qu’autour de la ville, il vit une digue qui l’encerclait complètement.Dans cette digue, des passages pouvant être fermés, par forte mer, à l’aide delourdes portes semblables aux portes d’écluse.
Au-delà, l’embouchure de l’Ems. Lamer du Nord. Un long ruban d’eau argentée. Des cargos en déchargement sous lesgrues d’un quai. Des canaux et une infinité de bateaux à voiles, grands commedes péniches, lourds comme elles, mais taillés pour franchir les houlesmarines.
Il y avait du soleil. Le chef degare portait une jolie casquette orange dont il salua tout naturellement levoyageur inconnu.
En face, il y avait un café. Maigrety entra et c’est à peine s’il osa s’asseoir. Non seulement c’était astiquécomme une salle à manger de petits bourgeois, mais il y régnait la mêmeintimité.
