
Hitler est aux aguets.
Il reprend sans cesse le plan d’attaque qu’il a élaboré avec ses généraux. Il s’agit d’attirer les forces françaises et britanniques en Belgique dont on aura violé la neutralité. On les coupera de leurs bases par l’offensive des divisions blindées puis on les détruira.
C’est la réédition du plan qui avait été mis en œuvre en août 1914. Mais il n’y aura pas de bataille de la Marne. La France rongée par le pacifisme, surprise, capitulera. Puis on traitera avec le Royaume-Uni. Et après, on se tournera vers cette Russie soviétique, cette URSS avec qui on a signé le 23 août 1939 un pacte de non-agression, avec qui l’on s’est partagé la Pologne vaincue, mais dont les initiatives dans les pays Baltes, en Finlande, montrent l’agressivité, les ambitions.
Il faudra la briser, faire des étendues russes l’espace vital allemand.
Mais chaque chose en son temps.
Le jeudi 23 novembre 1939, Hitler réunit à la Chancellerie du Reich les généraux en chef et les officiers d’état-major. On devine qu’il éprouve un intense plaisir à se retrouver face à ces membres de l’élite militaire, nobles souvent, qu’il domine, lui, le caporal de 14-18, décoré de la croix de fer de première classe, et devenu chancelier du Reich. Il leur parle les yeux fixes. Mais le visage est mobile. Le ton est exalté. Les mains s’ouvrent et se crispent, ponctuent chaque mot :
« Aucun militaire, aucun civil ne pourrait me remplacer, dit-il. Je suis convaincu de la puissance de mon intelligence, et de ma fermeté. Nul n’a jamais accompli ce que j’ai accompli. J’ai conduit le peuple allemand à un sommet même si le monde nous hait comme à présent… Le destin du Reich ne repose que sur moi et j’agirai en conséquence. »
