Il se raidit, dressé sur la pointe des pieds, les poings fermés devant son visage :

« Ma décision est irrévocable, martèle-t-il. J’attaquerai la France et l’Angleterre au moment le plus favorable et le plus proche. Violer la neutralité de la Belgique et de la Hollande est sans importance. Personne ne mettra cela en question quand nous aurons vaincu… L’esprit des grands hommes de notre Histoire doit nous encourager tous. Le destin ne nous demande pas plus qu’aux grands Allemands de notre Histoire. Aussi longtemps que je vivrai, je ne penserai qu’à la victoire de mon peuple. Je ne reculerai devant rien et j’anéantirai tous ceux qui s’opposent à moi. Je veux anéantir l’ennemi. »

Les généraux et les officiers d’état-major – les von Rundstedt, les von Brauchitsch, les Keitel, les Halder, les Guderian, et tous les autres – se lèvent, claquent des talons, et se figent au garde-à-vous.

Anéantir l’ennemi ? Quel ennemi ?

Cet homme qui, il y a quelques jours, le 8 novembre au soir, a fait exploser une bombe, à Munich, dans cette brasserie du Bürgerbräukeller où le Führer s’était rendu pour célébrer, comme chaque année, l’anniversaire de sa prise de parole en ce lieu, le 9 novembre 1923, sa première tentative de s’emparer du pouvoir ?

L’attentat du 8 novembre 1939 est-il une provocation ? Une manière d’impliquer les services secrets anglais, accusés par Goebbels, ministre de la Propagande, d’avoir voulu assassiner le Führer !

Quels ennemis ?

Ces passagers du paquebot Athenia, torpillé dès le 3 septembre 1939, à 400 kilomètres des côtes d’Irlande, par le sous-marin U30 dont le capitaine ne pouvait ignorer qu’il s’agissait d’un navire désarmé, ayant à son bord des Américains, dont vingt-huit périrent.



16 из 268