Goebbels affirme que Churchill a fait exploser le navire et que la marine allemande n’est en rien responsable du naufrage, dont le lord de l’Amirauté anglaise est seul coupable.

Quels ennemis ?

C’est Himmler, chef de la Gestapo, Reichsführer des SS, cette troupe d’élite, qui raconte aux jeunes officiers de la Leibstandarte SS, qui n’ont pu participer à la campagne de Pologne, ce qu’ont accompli les troupes nazies :

« Cela se passa en Pologne, dit Himmler, par une température de 40 degrés au-dessous de zéro, où nous devions traîner au loin des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers de gens, où nous dûmes avoir le dur courage – vous devez entendre cela mais aussi l’oublier immédiatement – de fusiller des milliers de notables polonais… Messieurs, il est plus facile dans bien des cas d’aller au combat avec une compagnie que de supprimer une population arriérée, encombrante, de procéder à des exécutions, d’expulser des gens, ou de tramer des femmes en larmes ou à bout de nerfs… »

2

.

Que savent-ils des massacres perpétrés en Pologne, les deux commandants de la Luftwaffe qui, à l’aube du mercredi 10 janvier 1940, descendent de la voiture qui les a conduits au bout de la piste de l’aérodrome de Münster, au pied de cet avion dont le moteur tourne maintenant à plein régime, l’hélice brassant la neige qui continue de tomber dru ?

Le plus grand des deux est le commandant Erich Hoenmanns qui doit piloter l’avion de Münster à Bonn, afin de conduire le commandant Helmut Reinberger, officier de liaison auprès de la IIe escadre aérienne stationnée sur les différents aérodromes proches du Rhin. Le général Student, commandant en chef des troupes aéroportées, a chargé Reinberger de préciser à l’état-major de la IIe escadre quelques points importants du plan d’invasion qui comporte des lâchers de parachutistes sur les forts hollandais et belges.



17 из 268