Reinberger serre contre lui une sacoche contenant le « plan opérationnel de l’offensive à l’ouest ». C’est un document de plusieurs pages, comportant de nombreuses cartes et donnant tous les axes de l’attaque et le moment de l’entrée en action des différentes unités. Il dresse la liste des objectifs des divisions blindées, des parachutistes et des attaques aériennes. Le déroulement de l’attaque est précisé, à partir de l’heure H, jusqu’à H + 24, soit vingt-quatre heures après la première action.

Seule la date du jour de déclenchement de l’offensive n’est pas indiquée.

Mais depuis la réunion des généraux et des officiers d’état-major à la Chancellerie, le jeudi 23 novembre 1939, toute l’armée allemande attend l’ordre d’attaquer.

Les attachés militaires auprès des ambassades de Belgique et de Hollande à Berlin ont recueilli des quelques officiers allemands hostiles à Hitler des informations inquiétantes. Les divisions blindées ont été transférées de Pologne au bord du Rhin, comme les escadrilles de la Luftwaffe ou les unités de parachutistes.

Puis Hitler a renoncé à fixer la date de l’offensive.

En ce mercredi 10 janvier 1940, Reinberger et Hoenmanns ont le sentiment que l’heure est proche.

L’un des mécaniciens les aide à monter dans l’avion cependant que l’autre se tient prêt à retirer les cales qui bloquent les roues de l’appareil.

Hoenmanns donne le signal.

L’avion commence à rouler, à s’enfoncer bien vite dans cette nuit dense que rayent les averses de neige et dans laquelle les projecteurs réussissent à peine à éclairer la piste.

Le vent déforme, étouffe le bruit du moteur.

L’avion a été englouti par la nuit d’hiver.

Ce même mercredi 10 janvier 1940, Hitler, dans son immense bureau de la Chancellerie du Reich, aux larges baies vitrées et aux énormes colonnes quadrangulaires, confère avec ses généraux du haut commandement de la Wehrmacht.



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