Le 21 janvier 1940, il adresse à quatre-vingts personnalités politiques ou militaires un mémorandum intitulé L’Avènement de la force mécanique. Il y répète que le char – le « moteur combattant » – est l’arme décisive de cette guerre.

« Les chars, écrit-il, employés en masse comme il se doit, seraient capables de surmonter nos défenses actives ou passives… Combien de guerres furent, à leurs débuts, marquées par une surprise et une erreur d’appréciation, de prévision. Ici, c’est l’inertie qui est le fait nouveau. Mais c’est un faux-semblant. Les moteurs combattants peuvent rompre toutes les lignes de fortification. »

Il conclut :

« Ne nous y trompons pas, le conflit qui est commencé pourrait bien être le plus étendu, le plus complexe, le plus violent de tous ceux qui ravagèrent la terre. »

Aucune réaction officielle à son mémorandum.

De Gaulle n’est qu’un colonel qui n’a pas encore cinquante ans. Certes Reynaud et Blum approuvent le texte, mais Daladier, président du Conseil et ministre de la Guerre, n’a pas daigné lire le mémorandum.

Alors, il faut poursuivre l’entraînement des hommes et des « machines ». Il faut attendre que l’événement vienne bousculer toutes les lignes et espérer un sursaut salvateur.

À Londres, Churchill s’exprime avec la même lucidité et une détermination équivalente.

« Nous avons essayé encore et encore d’éviter cette guerre, dit-il, et pour l’amour de la paix, nous nous sommes résignés à beaucoup de choses qui n’auraient pas dû arriver. Mais maintenant, nous sommes en guerre et nous ferons la guerre, et nous continuerons à faire la guerre et jusqu’à ce que l’autre camp en ait eu assez ! »

Et le Premier lord de l’Amirauté prophétise devant le micro de la BBC :



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