
De Gaulle s’inquiète d’autant plus qu’il sait, par Paul Reynaud, que les renseignements confirment la préparation d’une grande offensive allemande dont l’axe principal a été modifié.
Les divisions de Panzers sont concentrées dans le Sud, et les positions qu’elles ont prises, comme celles occupées par les unités d’infanterie, indiquent qu’elles attaqueront entre Sedan et Namur, à la charnière du dispositif français.
Là, il n’y a que l’obstacle des Ardennes.
La ligne Maginot et ses casemates n’ont pas été prolongées jusque-là.
Des informations transmises par les services de renseignements belges sont encore plus précises.
Le général belge Van Overstraeten écrit :
« La principale poussée s’exerce sur les Ardennes en direction de Dinant, Saint-Quentin, dans le dessein de couper de Paris les armées alliées en Belgique et de les encercler dans le Pas-de-Calais. »
Le contre-espionnage français signale qu’il a appris que les services de renseignements de la Wehrmacht étudient les itinéraires de Sedan à Abbeville, à l’embouchure de la Somme.
Les Allemands déterminent les charges que les ponts peuvent supporter, la qualité des routes, l’importance des obstacles fluviaux.
Elle a été placée là, derrière Sedan, parce que le généralissime Gamelin estime les Ardennes infranchissables.
Et rien ne le fait changer d’avis.
Il néglige l’information transmise par l’attaché militaire français à Berne qui annonce que l’offensive est prévue dans la période du 8 au 10 mai. Elle serait concentrée sur Sedan.
