en jouant le tout pour le tout sur un plateau » que de Gaulle estime mauvais.

Mais alors qu’il regagne Wangenbourg, ses bataillons de chars, qu’il continue de commander dans l’attente de la constitution de cette 4e division cuirassée qu’on lui a attribuée, de Gaulle médite sur cette étrange période que traverse l’Europe.

Les Russes ont attaqué et envahi la Finlande, après avoir tenté de négocier avec elle l’attribution de bases afin de protéger Leningrad d’une offensive allemande… Et cependant la Russie et l’Allemagne sont liées par un pacte de non-agression.

Le monde entier s’est enflammé pour ces héroïques Finlandais. L’agresseur soviétique a été condamné par la Société des Nations. Et les états-majors français et anglais ont commencé à mettre sur pied des unités afin de porter secours aux Finlandais que soutiennent aussi les… Allemands et les Italiens, comme si s’esquissait là une grande alliance contre les « rouges ».

En même temps, cette intervention en Finlande n’est qu’un prétexte. Elle permettrait de contrôler la « route du fer », par où passent les minerais suédois vendus à… l’Allemagne. Mais la Suède, la Norvège ou le Danemark sont des États neutres qui refusent toute intervention franco-anglaise !

Or, voici que le 16 février 1940, un avion de la Royal Air Force repère le navire allemand l’Altmark, le ravitailleur du Graf Spee qui a donc réussi à parcourir tout l’Atlantique Nord.

Dans ses cales, croupissent 299 marins britanniques, prisonniers transférés du Graf Spee.

Churchill donne ordre à une flottille de destroyers britanniques de passer outre aux interdictions d’entrer dans les eaux territoriales de la Norvège, de donner assaut à l’Altmark réfugié dans le Jossingfjord.

Après l’abordage et un bref corps à corps, l’Altmark est capturé, les marins britanniques libérés, et la gloire de Churchill scintille, alors que le Premier Ministre Chamberlain n’est qu’une ombre, dont chacun sent bien qu’elle va s’effacer au profit du Premier lord de l’Amirauté.

Mais ce que visent Churchill et les Français, c’est bien le contrôle, à l’occasion de la guerre russo-finlandaise, des mines de fer. Or, le 12 mars, après une offensive soviétique, les deux pays signent la paix.



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