
« Tout vient de s’écrouler, écrit Churchill. Maintenant la glace va fondre et les Allemands sont maîtres dans le Nord… J’ignore s’ils ont conçu leur propre plan d’action et si nous en verrons bientôt les effets, mais le contraire m’étonnerait. »
Churchill ne se trompe pas.
Hitler a hurlé, tempêté quand il a appris l’attaque contre l’Altmark. Il ne réussit pas à se maîtriser, se soûlant de paroles, répétant qu’il a pris sa décision : il faut envahir la Norvège. « L’abordage de l’Altmark dans les eaux territoriales norvégiennes a levé toute ambiguïté sur les ambitions britanniques, dit-il. Il faut les devancer, envahir la Norvège. » Et Hitler fixe la date de l’attaque : le 9 avril.
Des fjords de Norvège aux rives du Rhin et de la Meuse, le printemps de 1940 s’annonce comme une apocalypse.
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L’apocalypse, les Polonais la vivent depuis les premiers jours de la guerre mais, en cette fin d’hiver quarante, les déportations, les massacres deviennent systématiques et quotidiens.
Dans les territoires occupés par les Russes à la suite des accords secrets conclus avec les nazis, les tueurs du NKVD – la police politique soviétique – abattent, à Katyn, plusieurs milliers d’officiers polonais d’une balle dans la nuque. Et leurs corps s’entassent dans des fosses communes recouvertes d’une mince couche de terre.
Dans le gouvernement général de Pologne, créé par les Allemands, le gouverneur général Hans Frank déclare : « Les Polonais seront les esclaves du Reich allemand. »
